Qu’est-ce que l’économie circulaire et pourquoi elle concerne directement vos achats ?
Le modèle dominant depuis deux siècles repose sur un schéma simple : extraire des matières premières, produire des biens, puis les jeter. Ce modèle linéaire génère d’importants volumes de déchets et une dépendance croissante aux ressources naturelles. L’économie circulaire propose une rupture : concevoir des systèmes où les produits, les matériaux et les ressources conservent leur valeur le plus longtemps possible. Pour un acheteur BtoB, cette transition se traduit par des choix concrets à chaque commande.
Les 3 principes et les 4R : ce que ça change pour un acheteur
L’économie circulaire vise à mieux préserver les ressources naturelles, à réduire les déchets à la source et à favoriser des modèles de production et de consommation plus sobres, en complément de cadres de référence existants. Ces principes se traduisent dans la pratique par les 4R, directement applicables à la règle des 5R :
- Réduire : privilégier les produits dont la conception minimise la consommation de matières et d’énergie ;
- Réutiliser : préférer les équipements conçus pour un usage prolongé ou un réemploi ;
- Réparer : sélectionner des produits dont la réparation est possible et économiquement viable ;
- Recycler : intégrer des produits fabriqués à partir de matières recyclées et recyclables en fin de vie.
Chaque décision d’achat peut s’appuyer sur ces critères pour orienter progressivement la consommation vers un modèle plus durable.
Du modèle linéaire au modèle circulaire : l’acheteur au cœur de la transition
Chaque décision d’approvisionnement influence directement la durée de vie des produits achetés, la gestion des déchets qui en résulte et l’impact environnemental global de l’organisation. Le modèle économique circulaire repositionne l’acheteur comme acteur central du développement durable, bien en amont de la phase de production. Les enjeux environnementaux liés aux achats professionnels sont désormais intégrés dans les stratégies de transition énergétique et d’approvisionnement durable de nombreuses organisations européennes.
Comment identifier un produit circulaire dans un catalogue fournisseur ?
Face à des catalogues fournisseurs de plus en plus fournis en références dites « durables », la démarche d’achat circulaire commence par une question simple : comment distinguer un produit réellement circulaire d’une allégation vague ? Trois catégories de produits structurent l’offre circulaire dans les achats BtoB. Les connaître permet d’orienter la sélection avec méthode et d’exiger les bons justificatifs.
Éco-conçu, reconditionné, réemployé : quelles différences pour l’acheteur ?
Ces trois catégories désignent des réalités distinctes, avec des critères de vérification propres à chacune :
- Éco-conçu : produit intégrant dès sa fabrication des matériaux recyclés, une réduction des substances dangereuses et une optimisation de la durée de vie. L’éco-conception des produits de mobilier de bureau ou d’équipements d’entrepôt suit ce principe ;
- Reconditionné : produit remis à neuf selon un processus certifié, contrôlé et documenté, comme un chariot de manutention ou un équipement d’atelier ;
- Réemployé : produit dont l’usage est prolongé sans remise à neuf formelle, comme du mobilier professionnel, des palettes, des contenants logistiques ou des bacs de manutention réutilisés dans le circuit.
La distinction entre ces catégories détermine les justificatifs à demander et les garanties à exiger lors de la commande.
L’indice de réparabilité et les labels à vérifier avant de commander
L’indice de réparabilité, noté sur 10, s’applique à plusieurs catégories de produits professionnels et renseigne sur la facilité de réparation d’un équipement. Il constitue un critère objectif pour intégrer la durée de vie dans la décision d’achat. Le passeport numérique des produits, ou DPP¹, s’impose progressivement comme outil de traçabilité pour documenter l’ensemble du cycle de vie d’un produit.
À l’échelle européenne, plusieurs éléments permettent d’identifier les produits les plus vertueux : l’Ecolabel européen (EU Ecolabel), le Blue Angel (Allemagne), le Nordic Swan (pays nordiques) peuvent constituer des repères environnementaux selon les catégories de produits.
Produit circulaire vs produit neuf : comment comparer le coût réel ?
Le prix d’achat affiché dans un catalogue est une donnée trompeuse. Un produit circulaire peut sembler plus coûteux à l’achat qu’un équivalent neuf bas de gamme, tout en revenant significativement moins cher sur l’ensemble de sa durée de vie. La bonne unité de mesure pour un acheteur BtoB est le coût total, qui intègre toutes les dépenses générées de l’acquisition à la fin de vie.
Le coût total de possession (TCO) : la bonne unité de mesure pour l’acheteur circulaire
Le TCO² (coût total de possession) agrège le prix d’achat, les coûts de maintenance, la durée de vie utile, le coût de réparation et les frais liés au traitement des déchets en fin de vie. Calculer le coût du cycle de vie d’un équipement permet de comparer des produits sur une base économique réelle plutôt que sur leur seul tarif à l’achat. Un produit circulaire affiche souvent un TCO inférieur à celui d’un produit conventionnel sur trois à cinq ans d’usage.
Exemples concrets : mobilier de bureau, équipements d’entrepôt, consommables reconditionnés
Plusieurs catégories BtoB illustrent l’avantage économique des produits circulaires. Un bureau reconditionné certifié présente une réduction des coûts d’usage par rapport à un modèle neuf équivalent, avec une durée de vie comparable. Les chariots de manutention remis à neuf intègrent souvent une garantie de maintenance, ce qui optimise l’utilisation du budget entretien sur le long terme. Les consommables d’emballage fabriqués à partir de matières recyclées permettent de réduire les coûts d’approvisionnement tout en contribuant à la croissance verte de l’organisation. Ces biens circulaires ouvrent également l’accès à de nouveaux marchés fournisseurs, plus résilients face aux tensions sur les matières premières.
Comment s’assurer de la qualité et de la conformité d’un produit reconditionné ?
La crainte principale face aux produits circulaires est légitime : un équipement reconditionné offre-t-il les mêmes performances qu’un produit neuf ? La réponse dépend entièrement des garanties exigées et des certifications vérifiées avant la commande. Cette étape de gestion documentaire est aussi rigoureuse que pour tout autre achat professionnel.
Les garanties à exiger sur un produit reconditionné ou réemployé
Avant toute commande de produits reconditionnés, plusieurs documents doivent être systématiquement demandés au fournisseur :
- Certificat de remise à neuf détaillant les opérations effectuées ;
- Rapport d’inspection attestant l’état du produit avant livraison ;
- Garantie fournisseur d’une durée minimale comparable à celle d’un produit neuf équivalent ;
- Conditions de retour et accès au service après-vente clairement formalisés.
La réparation d’un équipement sous garantie doit faire l’objet d’un suivi traçable, documenté et accessible à l’acheteur.
Normes, certifications et traçabilité : les critères de conformité à intégrer dans le cahier des charges
La réglementation européenne sur l’écoconception des produits durables (Ecodesign for Sustainable Products Regulation, ESPR) prévoit des exigences de traçabilité croissantes pour les fabricants et importateurs, avec une application progressive selon les catégories de produits concernées. Elle s’articule avec les normes EN applicables aux équipements remis à neuf, notamment pour les obligations de documentation technique. L’Ecolabel européen constitue également un critère de conformité reconnu dans l’ensemble des États membres de l’UE.
Au Royaume-Uni, des exigences équivalentes sont portées par les Ecodesign for Energy-Related Products Regulations . Intégrer ces critères dans le cahier des charges permet de réduire l’impact environnemental de l’organisation tout en maîtrisant l’effet de serre lié aux achats, et d’anticiper la valorisation des déchets en fin de cycle.
Comment intégrer des critères circulaires dans vos appels d’offres et la sélection de fournisseurs ?
Adopter une stratégie d’achat circulaire durable suppose de dépasser le geste ponctuel. La vraie question est celle de la systématisation : comment transformer une démarche individuelle en politique d’approvisionnement structurée ? La réponse passe par la relation fournisseur et les outils contractuels qui l’encadrent.
Adoptant des pratiques d’économie circulaire, les acheteurs peuvent intégrer plusieurs leviers dans leurs appels d’offres : taux de matières recyclées certifié, recyclabilité documentée, conditions contractuelles de reprise en fin de vie et indicateurs ESG³ de suivi. Certaines catégories, comme les solutions de nettoyage écologiques, disposent déjà de référentiels fournisseurs matures, utiles comme point de départ pour construire un modèle d’économie circulaire applicable à d’autres familles d’achats. Cette approche permet de générer des revenus indirects en valorisant les produits en fin de vie et d’ouvrir l’accès à de nouveaux marchés fournisseurs vertueux.
« Le travail avec les fournisseurs est essentiel. Avec nos fournisseurs, nous travaillons à la création d’un score, d’un pacte global qui intègre la circularité des produits pour pouvoir justement aider les fournisseurs eux-mêmes à s’auto-évoluer, parce que parfois on a une petite structure, on n’a pas les moyens de mettre en place ça, aller chercher les bonnes données, c’est compliqué. Ce score est proposé aux consommateurs pour choisir mieux leurs achats, pour pouvoir ensuite, en tant qu’acheteur, dire à son management : j’ai amélioré mon sourcing par rapport aux ressources naturelles et aux évitements des émissions de CO2. On veut accompagner nos fournisseurs pour les aider à transformer parce qu’ils sont souvent aussi parfois perdus sur le sujet. »
– Pierre-Emmanuel SAINT-ESPRIT (Directeur économie circulaire, Manutan), 1 avril 2023, L’économie circulaire : un virage stratégique ?, SMART @WORK
Par où commencer concrètement : les catégories d’achats prioritaires pour une démarche circulaire
Adopter l’économie circulaire en entreprise présente des avantages mesurables : réduction des coûts d’approvisionnement, meilleure résilience face aux tensions sur les matières premières, conformité anticipée aux réglementations et contribution à la croissance verte de l’organisation. Ces bénéfices sont accessibles progressivement, en commençant par les catégories d’achats les plus matures sur le plan de l’offre circulaire disponible.
Fournitures de bureau, mobilier, équipements d’entrepôt : les catégories les plus accessibles
Pour amorcer une démarche d’économie circulaire en entreprise, plusieurs catégories offrent un bon point d’entrée avec une offre structurée et des produits disponibles immédiatement :
- Consommables de bureau reconditionnés : cartouches d’impression, petits équipements électroniques remis à neuf ;
- Mobilier de bureau éco-conçu ou d’occasion : sièges, bureaux et rangements issus du réemploi ou fabriqués à partir de matières recyclées ;
- Équipements d’entrepôt remis à neuf : bacs de stockage, chariots de manutention reconditionnés avec garantie ;
- Emballages à base de carton recyclé : matelasseurs de carton valorisant les chutes d’emballage et réduisant les déchets à la source ;
- Gestion des déchets intérieure : poubelles de tri des déchets et bacs à bec pour structurer le traitement des déchets en atelier ou entrepôt.
Chaque catégorie constitue un levier autonome pour progresser vers un modèle circulaire, sans nécessiter une refonte globale de la politique d’achat.
Offre éco-responsable Manutan
Chez Manutan, un produit éco-responsable porte un label environnemental reconnu (Ecolabel européen, Ecocert, PEFC…), est fabriqué à partir d’au moins 25 % de matériaux recyclés, et/ou est d’occasion. Cette offre permet aux acheteurs de structurer progressivement leurs achats circulaires sans compromettre la performance ou la conformité des équipements. Disponible en Belgique, République tchèque, Danemark, Suède, Finlande, France, Allemagne, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Slovaquie, Espagne, Suisse, Royaume-Uni et Portugal, à date de publication du contenu.
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¹ DPP : Digital Product Passport, passeport numérique de produit, outil de traçabilité permettant de documenter les caractéristiques environnementales d’un produit tout au long de son cycle de vie
² TCO : Total Cost of Ownership, coût total de possession, méthode d’évaluation qui additionne l’ensemble des coûts liés à un bien sur toute sa durée de vie
³ ESG : Environmental, Social and Governance, critères extra-financiers mesurant la performance environnementale, sociale et de gouvernance d’une organisation ou d’un fournisseur


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