Recyclage plastique en entreprise : de quoi parle-t-on vraiment ?
Le recyclage plastique en entreprise ne recouvre pas les mêmes réalités selon les secteurs. En entrepôt logistique ou industriel, les flux concernent des matières plastiques spécifiques, générées en volumes significatifs, qui appellent des équipements et des filières adaptés. Avant de structurer une démarche, il convient d’en délimiter précisément le périmètre.
Films étirables, emballages rigides, palettes plastiques : les déchets plastiques typiques d’un entrepôt
Les principaux types de déchets plastiques générés en entrepôt sont les suivants :
- Films étirables en polyéthylène basse densité, utilisés pour le cerclage des palettes à chaque expédition ;
- Emballages rigides en polypropylène ou en PET, issus des produits réceptionnés ;
- Palettes plastiques en polyéthylène haute densité en fin de vie ou endommagées ;
- Bacs de manutention et contenants rigides hors d’usage.
Ces flux sont distincts des plastiques de bureau et nécessitent des contenants volumiques ainsi que des filières spécifiques. Le choix du bon conditionnement amont influe directement sur les volumes de déchets générés : le film étirable utilisé sur les lignes de palettisation est ainsi le premier poste à examiner lors d’un diagnostic.
Recyclage, valorisation énergétique, réemploi : quelles filières pour quels plastiques ?
Les matières plastiques industrielles se répartissent en trois grandes filières de fin de vie. Le recyclage mécanique (fonte et régénération en plastique recyclé) s’applique aux matériaux propres et homogènes : PE, PP, PET clair. Le polychlorure de vinyle fait l’objet de filières spécialisées via le programme européen VinylPlus, bien que le recyclage effectif reste conditionné à la nature du gisement. La valorisation énergétique, bien que placée en bas de la hiérarchie réglementaire des modes de traitement (directive 2008/98/CE), reste en pratique la filière de sortie pour les plastiques contaminés ou mélangés qui ne peuvent être recyclés mécaniquement. Enfin, le réemploi s’applique aux palettes et bacs encore en état fonctionnel. Identifier la filière adaptée à chaque type de matière est la première condition d’un recyclage efficace.
Ce que la réglementation impose aux entreprises en matière de tri des déchets plastiques
La gestion des déchets industriels plastiques n’est pas laissée à l’appréciation de chaque entreprise. Un cadre réglementaire précis définit les obligations de tri à la source, avec des sanctions concrètes en cas de manquement. Comprendre ces exigences est indispensable pour anticiper les contrôles et bâtir une démarche de recyclage pérenne.
Le décret et les directives européennes sur les déchets d’emballages : obligations concrètes pour votre entrepôt
En France, le décret Tri 5 Flux oblige les producteurs ou détenteurs de déchets à trier à la source cinq catégories de matières, dont les plastiques. Cette obligation s’inscrit dans un cadre européen structurant : la Directive 2018/852/UE sur les déchets d’emballages et la Directive cadre déchets 2008/98/CE fixent les objectifs de recyclage des emballages plastiques à l’échelle de l’Union européenne, avec des taux cibles contraignants pour les États membres.
Des obligations comparables s’appliquent hors UE. Au Royaume-Uni, l’Environment Act 2021¹ impose aux entreprises produisant des déchets d’emballages de trier et de déclarer leurs volumes. En Suisse, la gestion des déchets d’emballages plastiques s’inscrit dans le cadre de la Loi fédérale sur la protection de l’environnement (LPE, RS 814.01) et de l’Ordonnance sur les mouvements de déchets (OMoD, RS 814.610) encadrent le traitement des déchets d’emballages plastiques. En Norvège, les Packaging Regulations² définissent des objectifs de collecte et de recyclage équivalents. L’obligation de tri à la source dès les zones de déchargement est le point de départ commun à l’ensemble de ces réglementations.
Quels plastiques industriels sont concernés et quels risques en cas de non-conformité ?
Les obligations de tri portent sur les plastiques professionnels de manière large. Sont notamment concernés : les films d’emballage, les barquettes rigides, le flaconnage et les plastiques à usage unique. En cas de non-conformité, les risques sont à la fois administratifs (contrôles préfectoraux, mises en demeure) et réputationnels : impact négatif sur le bilan RSE et possible exclusion de certains appels d’offres publics. Au-delà des mises en demeure administratives, le Code de l’environnement prévoit des sanctions pénales pour les infractions les plus graves. Des sanctions équivalentes existent au Royaume-Uni, en Suisse et en Norvège, bien que les régimes d’amendes et les modalités de contrôle varient sensiblement selon les législations nationales. Un responsable d’entrepôt averti intègre ces obligations dès la conception de ses flux de gestion.
Est-ce que le recyclage plastique est rentable pour une entreprise ?
Dépasser la logique de la contrainte réglementaire pour aborder celle de la valeur économique : c’est le changement de perspective que permet une démarche structurée de recyclage. Pour convaincre une direction d’investir dans des équipements de tri et de collecte, il faut être en mesure de quantifier le retour sur investissement. Voici les éléments concrets pour construire ce raisonnement.
Quel est le prix du plastique au kilo ?
Les prix de rachat du plastique varient selon le cours des matières premières, la pureté du gisement et le prestataire. À titre indicatif, et sur la base des tendances observées sur le marché européen au cours des dernières années, les niveaux de valorisation relatifs s’organisent ainsi (les prix réels devant être confirmés auprès de votre prestataire ou via des sources de cotation spécialisées) :
- Films PE basse densité : faible valeur unitaire, mais volumes en tonnes importants en entrepôt, qui justifient le recyclage ;
- PEHD rigide (polyéthylène haute densité) : valeur plus élevée, filière bien établie sur tout le continent ;
- PP rigide propre : cotation intermédiaire, bonne liquidité sur le marché secondaire ;
- PET clair : l’une des matières les plus valorisées, avec des filières de recyclage des emballages matures ;
- PVC : filières spécialisées, valeur variable selon la composition.
Ces données sont indicatives et évolutives. L’essentiel est de raisonner en coût net : la valeur de rachat d’une tonne de déchets plastiques réduit directement le coût d’enlèvement facturé par le prestataire.
Calcul du ROI, économies sur les coûts d’enlèvement et bénéfices non financiers
Trois leviers contribuent à la rentabilité d’un recyclage plastique structuré : la réduction des coûts d’enlèvement (moins de rotations, contenants mieux remplis grâce au compactage), les revenus de rachat selon les fourchettes présentées, et les économies potentielles sur les taxes liées aux activités polluantes. L’ensemble permet d’éviter plusieurs tonnes de déchets non valorisés et de transformer un poste de coût en levier de compétitivité.
Les bénéfices non financiers sont tout aussi concrets : traçabilité pour les rapports RSE, attractivité employeur, argument différenciant dans les appels d’offres. Cette logique de seconde vie et de bilan RSE complet est au cœur de l’approche portée par l’économie circulaire. Pierre-Emmanuel SAINT-ESPRIT, Directeur économie circulaire chez Manutan, l’exprime ainsi :
« Le service de collecte et de revalorisation de Manutan va récupérer les produits de l’entreprise, soit 100 % des équipements électroniques : nous ne faisons pas de tri préalable, nous vous débarrassons de tous les produits qui ne vous servent plus. Nous réalisons ensuite un inventaire, un tri et une expertise de ces produits dans un centre d’insertion professionnelle. Une fois ce travail effectué, lorsqu’un produit peut avoir une seconde vie, être reconditionné ou revendu, nous revenons vers vous avec un bilan RSE complet : les émissions de CO2 évitées grâce à cette action, les heures d’insertion financées, ainsi que l’ensemble des ressources naturelles préservées par cette démarche. »
– Pierre-Emmanuel SAINT-ESPRIT (Directeur économie circulaire, Manutan), 15 novembre 2022, Economie circulaire : Quels enjeux pour les entreprises ?, Manutan.
Comment organiser le tri et la collecte des plastiques dans votre entrepôt : le guide étape par étape
Structurer un flux de tri plastique efficace repose sur quatre décisions clés : diagnostiquer les flux existants, choisir les équipements adaptés, organiser les zones et la signalétique, puis sélectionner le bon prestataire de recyclage. Chaque étape conditionne la suivante et contribue à la qualité globale du gisement valorisé.
Étape 1 : cartographier les flux de déchets plastiques et choisir les bons équipements de collecte
Le diagnostic commence par l’identification des postes générateurs : zones de déchargement, postes de picking, lignes de conditionnement. Pour chaque poste, il s’agit d’estimer les volumes par type de matière et la fréquence de génération. Ce travail permet de dimensionner les solutions de recyclage et les équipements de collecte adaptés à vos flux réels.
Les équipements à envisager sont les suivants :
- Bennes à fond mouvant pour les films PE en vrac, près des quais de déchargement ;
- Bacs rigides compartimentés pour les emballages plastiques durs en zone de picking ;
- Presse à balles pour réduire significativement le volume des films étirables et optimiser la logistique de collecte.
Le choix des contenants conditionne directement la qualité du gisement livré au prestataire et, in fine, le prix de rachat obtenu.
Étape 2 : organiser les zones de tri et déployer une signalétique lisible pour vos équipes
Le zonage physique doit placer les contenants au plus près des postes générateurs, dans des allées dédiées respectant les distances réglementaires avec les zones de circulation. Une poubelle de tri sélectif correctement identifiée à chaque poste est la condition minimale d’un tri efficace au quotidien.
La signalétique joue un rôle déterminant dans la qualité du tri et dans la réduction du taux de refus. Appliquer le bon code couleur de manière cohérente réduit les erreurs, y compris chez les intérimaires. Retrouver les repères visuels adaptés grâce au code couleur des poubelles permet de déployer un système lisible pour l’ensemble des équipes présentes sur site.
Étape 3 : sélectionner un prestataire de recyclage — critères clés et filières de rachat spécifiques
Le choix d’un prestataire de services de recyclage conditionne la traçabilité de l’ensemble de la démarche. Les critères à vérifier lors de la sélection sont les suivants :
- Agrément préfectoral ou équivalent selon le pays d’activité ;
- Émission d’un bordereau de suivi des déchets (BSD) pour chaque enlèvement ;
- Rapport de valorisation annuel avec tonnages détaillés par type de matière ;
- Couverture effective des types de plastiques générés sur le site concerné.
Un support sac poubelle bien positionné en zone de collecte contribue également à fluidifier les opérations au quotidien. À noter : des filières de rachat spécifiques existent pour des gisements de niche, comme les bouchons plastiques (collecteurs associatifs et industriels dédiés), ce qui illustre la diversité des circuits disponibles en matière de recyclage des plastiques.
Piloter et améliorer votre démarche de recyclage plastique dans la durée
Une démarche de recyclage sans pilotage se dégrade rapidement : erreurs de tri croissantes, saturation des contenants, taux de refus en hausse, revenus de rachat qui s’érodent. Mettre en place un suivi régulier transforme une action ponctuelle en processus d’amélioration continue. C’est aussi la condition pour intégrer la valorisation des déchets dans les reportings RSE et les cahiers des charges acheteurs, et pour en faire un levier durable de développement.
Les KPIs à suivre et l’intégration du recyclage dans vos processus d’achat
Trois indicateurs clés structurent le pilotage d’une démarche de recyclage et valorisation dans la durée :
- Le taux de valorisation (plastiques valorisés sur plastiques produits) : mesure l’efficacité globale du tri ;
- Le coût net par tonne (coûts d’enlèvement moins revenus de rachat) : l’indicateur financier central pour justifier l’investissement ;
- Le taux de refus lié à la contamination : révèle la qualité du gisement livré au prestataire et oriente les actions correctives.
L’intégration dans les achats passe par des clauses de tri à inclure dans les cahiers des charges fournisseurs d’emballages, et par des exigences de traçabilité dans les contrats prestataires. Une approche globale de la gestion des déchets en entreprise permet d’articuler le traitement des déchets plastiques avec celui des autres flux (cartons, bois, métaux) pour une gestion durable, cohérente et conforme aux exigences du développement durable.
Manutan vous accompagne dans la mise en conformité et la valorisation de vos déchets plastiques
Structurer un recyclage plastique efficace mobilise trois types de ressources : des équipements adaptés à chaque flux, une connaissance des filières de valorisation disponibles, et un engagement cohérent sur les matériaux entrant dans l’entrepôt. Sur ces trois dimensions, Manutan apporte un accompagnement concret, humain et sans prétention, au service du bien-travailler de chaque collaborateur et de chaque entreprise cliente.
Les équipements Manutan pour organiser le tri plastique et l’engagement vers des emballages intégrant du plastique recyclé
La gamme disponible couvre l’ensemble des besoins d’un entrepôt pour recycler ses plastiques : bacs de collecte, bennes, compacteurs, signalétique de tri. Au-delà des équipements de collecte, la démarche RSE de Manutan intègre une réflexion active sur la composition des produits distribués, comme les emballages intégrant davantage de matières plastiques issues du post-consumer recycled³.
L’offre d’emballages éco-responsables s’inscrit dans une démarche plus large de l’engagement RSE de Manutan. Celle-ci vise à réduire l’impact environnemental des produits distribués, à intégrer davantage de matières issues du recyclage et à offrir aux entreprises des alternatives cohérentes avec leurs objectifs de développement durable.
Un accompagnement expert pour structurer votre démarche de tri
Chez Manutan, le service Conseils / Assistance d’experts accompagne les responsables d’entrepôt et les acheteurs pour valider les spécifications des équipements de collecte, identifier les contenants adaptés à chaque flux plastique et orienter vers les bonnes filières de valorisation. Un accompagnement humain, sans engagement, pour avancer concrètement. Disponible en Belgique, République tchèque, Danemark, Suède, Finlande, France, Allemagne, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Slovaquie, Espagne, Suisse, Royaume-Uni et Portugal, à date de publication du contenu.
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¹ Environment Act 2021 : loi britannique sur l’environnement, incluant des obligations de tri et de déclaration des déchets d’emballages
² Packaging Regulations : réglementation norvégienne sur les emballages, fixant des objectifs de collecte et de recyclage
³ post-consumer recycled (PCR) : désigne les matières plastiques issues du recyclage de produits en fin de vie ayant été utilisés par le consommateur final


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