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Comment structurer la collecte des biodéchets en entreprise pour respecter l’obligation 2024 et maîtriser les coûts ?

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Résumé

En France, depuis le 1er janvier 2024, l’ensemble des entreprises est soumis à une obligation de tri à la source de leurs biodéchets. Des obligations comparables s’appliquent dans d’autres pays européens selon des modalités et calendriers propres à chaque législation nationale. Pour les environnements tertiaires (bureaux, sièges sociaux, campus), cette obligation impose de repenser la gestion des déchets alimentaires produits chaque jour : restes de repas, marc de café, déchets verts des espaces communs. Comprendre le périmètre réglementaire, évaluer les risques de non-conformité, choisir les équipements adaptés et sélectionner un prestataire fiable sont autant d’étapes qui permettent de transformer cette contrainte en levier de performance RSE et d’engagement collaborateur.

Cet article couvre les points suivants :

  • Définition légale des biodéchets et périmètre de l’obligation 2024 ;
  • Risques concrets en cas de non-conformité ;
  • Bénéfices d’une collecte bien structurée ;
  • Guide étape par étape pour les locaux tertiaires ;
  • Critères de sélection d’un prestataire ;
  • Checklist équipements et documentaire pour démarrer.

Sommaire

  • Biodéchets en entreprise : ce que dit la loi depuis le 1er janvier 2024
  • Non-conformité : quels risques concrets pour votre entreprise ?
  • Les bénéfices d’une collecte biodéchets bien structurée : bien plus que la conformité
  • Comment mettre en place la collecte séparée des biodéchets dans vos locaux : le guide étape par étape
  • Choisir et évaluer un prestataire de collecte biodéchets : les critères qui comptent
  • Votre checklist pour démarrer : équipements, prestataire et conformité documentaire

Bureaux, salles de pause, espaces de restauration informels : chaque environnement de travail produit des biodéchets au quotidien. Jusqu’à présent, ces matières organiques finissaient dans les ordures ménagères résiduelles, sans traçabilité ni valorisation. En France, depuis le 1er janvier 2024, ce n’est plus possible. L’obligation de tri à la source des biodéchets concerne désormais l’ensemble des producteurs français, quelle que soit leur taille ou leur secteur. ( Des obligations comparables existent dans d’autres pays, selon des modalités propres à chaque législation nationale.) Pour les entreprises tertiaires, cette évolution réglementaire impose de repenser des pratiques souvent informelles et d’inscrire la gestion des biodéchets dans une démarche structurée, documentée et durable.

Biodéchets en entreprise : ce que dit la loi

La réglementation en vigueur s’appuie sur un cadre européen précis. Comprendre sa portée est indispensable avant d’engager toute démarche opérationnelle.

H3 – Définition légale : quels déchets sont concernés dans vos locaux ?

La directive-cadre déchets 2008/98/CE définit les biodéchets comme l’ensemble des déchets biodégradables de cuisine et de table, les déchets alimentaires des commerces et de la restauration, ainsi que les déchets comparables provenant d’usines de transformation de denrées alimentaires et les déchets verts. Dans un contexte tertiaire, cela couvre concrètement les restes de repas issus de la cantine ou des espaces de restauration, le marc de café, les épluchures des cuisines de bureau et les déchets verts des espaces communs extérieurs.

Ces matières organiques, longtemps mélangées aux déchets résiduels, sont désormais soumises à une collecte séparée obligatoire. Au Royaume-Uni, l’Environment Act 2021 pose des exigences équivalentes pour la séparation des déchets alimentaires. En Suisse, l’Ordonnance sur le traitement des déchets (OTD) encadre de manière similaire la valorisation des matières organiques. En Norvège, la réglementation sur la gestion des déchets impose les mêmes principes de tri à la source et valorisation.

L’obligation de tri séparé : qui est concerné et depuis quand ?

L’obligation de tri des biodéchets n’est pas nouvelle dans son principe : elle existait déjà pour les gros producteurs dépassant certains seuils de volume. En France, ce qui change au 1er janvier 2024, c’est la généralisation de cette obligation à l’ensemble des producteurs de biodéchets, sans seuil minimum.

Cantines d’entreprise, espaces café, cuisines de plateau : tous les flux alimentaires sont désormais concernés, quelle que soit la quantité produite.

Cette extension découle directement des objectifs fixés par la directive-cadre déchets révisée, qui impose à chaque État membre de mettre en place une collecte séparée des biodéchets au plus tard le 31 décembre 2023. La réglementation exige une collecte séparée et une valorisation effective des biodéchets collectés, loin des ordures ménagères résiduelles. Le code couleur des poubelles de tri constitue un premier repère visuel utile pour structurer cette séparation dans les espaces communs.

Non-conformité : quels risques concrets pour votre entreprise ?

Au-delà des obligations formelles, la non-conformité génère des conséquences tangibles. Les identifier permet d’anticiper et de prioriser la mise en œuvre.

H3 – Sanctions pénales et administratives : ce que risque concrètement votre entreprise

La directive-cadre déchets 2008/98/CE laisse aux États membres le soin de définir les sanctions applicables, tout en imposant que celles-ci soient effectives, proportionnées et dissuasives. Dans les pays où la transposition est la plus avancée, les contrôles portent à la fois sur l’existence d’un dispositif de collecte séparée et sur la traçabilité documentaire associée.

Au Royaume-Uni, l’Environment Act 2021 habilite les autorités locales à sanctionner le non-respect des obligations de tri des déchets alimentaires. En Suisse, l’OTD prévoit des sanctions administratives pour les producteurs ne respectant pas les règles de traitement des biodéchets. En Norvège, des contrôles similaires sont effectués par les autorités compétentes en matière de gestion des déchets.

La responsabilité de l’entreprise en tant que producteur de déchets est directement engagée : registre des déchets non tenu, justificatifs de collecte ou de valorisation absents, ou contrat prestataire non formalisé sont autant d’éléments susceptibles d’être relevés lors d’un contrôle.

Impact sur votre image RSE et votre marque employeur en cas de manquement

Les risques indirects sont souvent sous-estimés. Un reporting ESG fragilisé, des réponses insuffisantes lors d’un audit RSE ou d’une due diligence² fournisseur : ces situations envoient un signal négatif aux parties prenantes internes et externes. Pour les collaborateurs engagés sur les enjeux environnementaux, l’absence d’un dispositif visible de tri des biodéchets peut être perçue comme un manque de cohérence avec les engagements affichés.

L’engagement éco-responsable d’une organisation se mesure aussi dans ses pratiques quotidiennes. La gestion des biodéchets fait partie des gestes concrets observables, qui contribuent à la transition écologique réelle de l’entreprise.

Les bénéfices d’une collecte biodéchets bien structurée : bien plus que la conformité

Structurer la collecte des biodéchets n’est pas seulement une réponse à une obligation réglementaire. C’est aussi une opportunité de créer de la valeur à plusieurs niveaux.

Réduction des coûts, valorisation des biodéchets et engagement des équipes : un triple levier

Une collecte séparée bien organisée réduit mécaniquement le volume des ordures ménagères résiduelles, et donc les coûts associés à leur enlèvement. C’est un levier d’optimisation concrète des dépenses liées aux déchets.

Sur le plan environnemental, collecter et valoriser les biodéchets ouvre deux grandes filières complémentaires. Le compostage permet un retour au sol sous forme de compost, enrichissant les sols en matières organiques et s’inscrivant dans une logique d’économie circulaire. La méthanisation, quant à elle, transforme les biodéchets en biogaz pouvant être valorisé sous forme d’énergie (électricité, chaleur ou injection dans le réseau de gaz selon les installations), contribuant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le compostage en entreprise peut également être envisagé directement sur site selon la superficie et les volumes disponibles, avec un composteur de bureau adapté aux petites quantités.

La dimension humaine est tout aussi structurante. Faire du tri des biodéchets un geste visible et porteur de sens renforce l’engagement des collaborateurs sur les enjeux environnementaux.

« 80 % de la stratégie RSE d’une entreprise est portée par la direction des achats. En raison de votre influence stratégique en amont de la chaîne de valeur, vous pouvez contribuer à décarboner votre entreprise tout en préservant les ressources et l’environnement. »

– Antoine COMPIN (Directeur Général Manutan France et Iberia, Manutan), 20 septembre 2022, Achats de classe C : comment mettre en place une stratégie d’achats responsables, Manutan.

Valoriser les biodéchets, c’est donc aussi valoriser le sens du travail quotidien et renforcer la cohésion autour d’un projet collectif concret.

Comment mettre en place la collecte séparée des biodéchets dans vos locaux : le guide étape par étape

Passer de l’obligation à la pratique suppose une démarche structurée, adaptée aux spécificités d’un environnement tertiaire. Voici les trois étapes fondatrices.

Étape 1 : cartographier vos points de production de biodéchets

Avant tout investissement en équipements, il s’agit d’identifier précisément l’ensemble des sources de biodéchets dans les locaux. Cantine d’entreprise, espaces café, cuisines de plateau, espaces de restauration informels, espaces verts de campus : chaque zone produit des déchets alimentaires à des fréquences et en des volumes distincts.

Cette cartographie permet de dimensionner les solutions de collecte de manière cohérente, et d’éviter les doublons ou les angles morts. Les espaces de restauration informels sont souvent les plus négligés lors de cette phase. Prévoir une poubelle de restauration adaptée à chaque point de production garantit une couverture exhaustive dès le démarrage.

Étape 2 : choisir les bons contenants (bioseaux, bacs et sacs conformes)

Le choix des équipements de collecte conditionne la qualité du tri et la fréquence de collecte possible. Plusieurs critères guident la sélection :

  • Bioseaux à couvercle hermétique pour limiter les odeurs aux postes de travail ;
  • Bacs roulants conformes pour le stockage intermédiaire avant enlèvement ;
  • Sacs compostables homologués, compatibles avec les filières de valorisation des déchets ;
  • Résistance aux conditions d’hygiène alimentaire et facilité de nettoyage.

La norme EN 840 encadre les caractéristiques techniques des conteneurs à déchets, notamment leurs dimensions, leur résistance et leur compatibilité avec les véhicules de collecte. Une poubelle de tri sélectif correctement dimensionnée et identifiée par un code couleur cohérent facilite l’adoption du geste par les collaborateurs. Le dimensionnement du stockage intermédiaire doit être calibré en fonction de la fréquence de collecte contractualisée avec le prestataire.

Étape 3 : sensibiliser et engager les collaborateurs au geste de tri

La meilleure organisation technique ne produit ses effets que si les collaborateurs s’approprient le geste. L’affichage aux points de collecte, la communication interne régulière et la désignation de référents par site ou par étage sont des leviers d’activation essentiels.

L’intégration du tri des biodéchets dans le parcours d’accueil des nouveaux arrivants ancre ce geste dans la culture de l’entreprise dès le premier jour. Le rôle du Workplace Experience Director est central dans la coordination entre facilities management, ressources humaines et achats pour assurer la cohérence du projet. Prévoir des sacs poubelle compostables identifiés aux points de collecte facilite l’appropriation des partenaires et des utilisateurs.

Choisir et évaluer un prestataire de collecte biodéchets : les critères qui comptent

La sélection d’un prestataire est une étape structurante, à la fois pour la qualité de la valorisation et pour la conformité documentaire de l’entreprise.

Collecte externe, méthanisation, compostage sur site : critères de sélection et obligations documentaires

Deux grandes filières s’offrent aux entreprises tertiaires pour valoriser leurs biodéchets. La collecte externe orientée vers la méthanisation produit du biogaz valorisé selon les capacités de l’installation : injection dans le réseau de gaz, production d’électricité ou d’énergie thermique. Le compostage industriel, quant à lui, génère du compost utilisé pour l’amendement des sols agricoles. Ces deux voies s’inscrivent dans une logique d’économie circulaire et de traitement responsable des matières organiques.

Pour optimiser sa gestion des déchets, les critères de sélection d’un prestataire doivent être précis :

  • Agrément officiel pour la collecte et le traitement des biodéchets ;
  • Traçabilité complète des flux et reporting ESG disponible ;
  • Fréquence de collecte adaptée aux volumes produits, contractualisée par écrit ;
  • Fourniture d’un justificatif documenté de collecte et de valorisation après chaque enlèvement ;
  • Tenue et mise à disposition du registre des déchets pour les contrôles.

La vente au détail et la restauration collective disposent depuis plus longtemps de filières identifiées. Les entreprises tertiaires gagnent à s’appuyer sur ces retours d’expérience pour structurer leur propre démarche de traitement des biodéchets.

Votre checklist pour démarrer : équipements, prestataire et conformité documentaire

La mise en conformité s’organise concrètement. Cette checklist couvre les deux volets indispensables pour démarrer dans les meilleures conditions, qu’il s’agisse d’un site unique ou d’un parc multi-sites.

Checklist équipements et documents pour une mise en conformité rapide

Dans le cadre des exigences réglementaires en vigueur en matière de tri et de valorisation des biodéchets, voici les éléments à réunir avant le premier jour de collecte.

Équipements à mettre en place :

  • Bioseaux hermétiques aux points de production alimentaires ;
  • Bacs roulants normés pour le stockage intermédiaire ;
  • Sacs compostables homologués compatibles avec la filière de valorisation choisie ;
  • Affichage signalétique aux points de tri, avec code couleur cohérent.

Documents à constituer :

  • Registre des déchets tenu à jour ;
  • Contrat prestataire mentionnant la filière de valorisation et la fréquence de collecte ;
  • Bordereau de suivi des déchets à conserver après chaque enlèvement ;
  • Plan de sensibilisation interne documenté.

Pour les organisations multi-sites, un référentiel commun de gestion garantit la cohérence des pratiques et facilite le reporting consolidé. Les biodéchets alimentaires sont ainsi valorisés de manière homogène, quel que soit le site concerné.

Conseils / Assistance d’experts

Manutan accompagne les acheteurs et les responsables d’environnement de travail avec une expertise humaine pour valider les spécifications techniques liées à la collecte des biodéchets et guider le choix des équipements conformes. Ce service est disponible en Belgique, République tchèque, Danemark, Suède, Finlande, France, Allemagne, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Slovaquie, Espagne, Suisse, Royaume-Uni et Portugal, à date de publication du contenu.

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¹ Environment Act : loi britannique sur l’environnement de 2021 encadrant notamment la gestion des déchets alimentaires et leur collecte séparée.

² due diligence : processus d’audit et de vérification approfondie mené par un acheteur ou investisseur avant d’établir une relation contractuelle.

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